Séminaire « L'enseignement des langues vivantes dans le premier degré »

Les programmes communautaires dans le premier degré

Myriam LEROUX, déléguée académique aux relations internationales et à la coopération, académie de Nantes

Le champ des programmes européens auxquels peuvent participer les établissements scolaires est très vaste : Comenius, des dispositifs d'échanges bilatéraux appelés appariements Leonardo, etc. Je me contenterai donc de vous en présenter les grandes lignes.

Deux questions surgissent lorsque l'Éducation nationale organise des programmes d'échanges au sein de l'Union européenne. Le premier concerne l'accord parental. Les parents se montrent en effet souvent réticents à laisser partir de jeunes enfants à l'étranger. La seconde concerne le projet pédagogique. Il est évident qu'un échange ne peut être profitable aux élèves que dans la mesure où il est sous-tendu par un projet pédagogique clairement défini.

Le programme Comenius

Comenius fait partie du programme Socrates. Il concerne l'enseignement scolaire et la formation continue des enseignants du premier et du second degré. Comenius comprend trois grands domaines : les partenariats scolaires, la formation continue des personnels et les réseaux.

Il permet également à un établissement d'accueillir des assistants européens.

Les Partenariats scolaires

Les partenariats scolaires proposent plusieurs types de projets : les projets scolaires ; les projets linguistiques ; les projets de développement scolaire. Les professeurs peuvent ainsi utiliser les ressources de ce programme pour mettre en œuvre des projets au sein de leurs classes.

Les projets linguistiques ne concernent que les élèves de quatorze ans et plus, car seuls ceux-ci peuvent se déplacer avec l'ensemble de leur classe. C'est pourquoi il faut utiliser toutes les formes de la communication à distance : Internet, la poste, les cassettes audio et vidéo, les DVD. Les projets scolaires et les projets de développement scolaire s'adressent en revanche à tous les établissements.

Les projets scolaires

Le but premier des projets scolaires n'est pas linguistique. La langue n'est qu'un outil permettant la réalisation d'autres objectifs. Un projet scolaire réunit au minimum trois classes de trois pays différents. Dans certains établissements, les équipes pédagogiques travaillent avec quatre partenaires. Dans ces conditions, l'apprentissage d'une langue en tant que tel ne peut être l'objectif majeur, contrairement aux projets linguistiques qui unissent deux classes autour de la pratique d'une langue commune. Les classes associées dans un projet scolaire travailleront autour d'une thématique définie en commun. Les thèmes les plus souvent retenus par les enseignants et leurs élèves sont l'environnement, le patrimoine, l'histoire.

Les projets de développement scolaire

Ils fonctionnent sur le même principe que les projets scolaires. Seul l'objectif diffère, puisqu'il s'agit dans ce cas de mener une réflexion à caractère pédagogique et didactique. Les thèmes peuvent être, par exemple, la gestion de l'hétérogénéité, la prévention de la violence, l'autonomie de l'élève. Ces problématiques concernent davantage les enseignants, mais il faut bien entendu faire en sorte que les élèves en tirent un bénéfice.

Ces deux types de projets s'étendent sur un an et peuvent être reconduits deux fois. La première année sert essentiellement à mettre le projet en place et à régler les difficultés d'ordre matériel, notamment liées au choix d'une langue commune. Le problème se pose essentiellement lorsque les échanges sont organisés avec des pays dont le système scolaire français n'enseigne pas la langue, tels la Suède ou le Danemark.

Les financements

Les budgets se divisent en deux parties appelées montants fixes et montants variables.

Les montants fixes

Ils servent à financer les surcoûts liés à la mise en œuvre d'un projet. La Commission européenne finance ainsi l'achat de matériel à hauteur de 1 500 euros pour un établissement partenaire et de 2 000 euros pour un établissement coordinateur.

Les montants variables

Ils sont destinés à financer les déplacements au sein de l'Union européenne. Il est en effet naturel que les équipes pédagogiques associées dans un projet scolaire ou un projet de développement scolaire se rencontrent une fois dans l'année dans l'un des établissements participant. Un petit nombre d'élèves peut également participer à ces réunions de projets. Ils représentent leurs camarades comme les enseignants qui se déplacent représentent l'ensemble de leurs collègues. La désignation des élèves qui participeront au voyage peut s'inscrire dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté et donner l'occasion d'une réflexion sur la représentation démocratique. La possibilité d'associer les élèves aux réunions de projets est peu exploitée dans les établissements primaires. En revanche, elle est largement mise à profit dans le secondaire.

Il est également possible d'organiser des échanges entre enseignants. Ces échanges peuvent prendre la forme de séjours de une à quatre semaines. Il s'agit pour un établissement, dans le cadre d'un projet scolaire ou de développement scolaire, d'accueillir dans l'une de ses classes un enseignant de l'un des établissements partenaires pour lui faire partager une expérience. L'objectif n'est donc pas linguistique : l'enseignant accueilli n'aura pas à assurer les cours en langue étrangère. L'objectif d'un tel échange est de faire progresser le projet défini en commun.

Un exemple de mise en oeuvre d'un projet Comenius

 

Débats

De la salle

Pouvez-vous nous parler des stages d'enseignants ?

Myriam LEROUX

Il est possible dans le cadre des projets scolaires ou de développement scolaire d'organiser des stages en entreprise à destination des enseignants. L'expérience montre que cette possibilité intéresse surtout les enseignants de lycées professionnels, ces stages leur permettant de nouer des contacts dont ils font ensuite bénéficier leurs élèves.

De la salle

Est-il vrai que les subventions allouées par la Commission européenne transiteront par les mairies avant d'être attribuées aux établissements scolaires ?

Myriam LEROUX

C'est exact. Ce système n'est pas très satisfaisant, mais on ne peut en faire le reproche à la Commission européenne puisqu'il s'agit d'un mode de fonctionnement propre à notre pays.

De la salle

Le programme Lingua pour la formation des enseignants existe-il toujours ?

Myriam LEROUX

Le programme Lingua existe toujours, mais il a été intégré à Comenius. Les possibilités de formation continue offertes aux enseignants demeurent inchangées.

De la salle

Les enseignants, et particulièrement les jeunes, doivent consentir une avance très importante en matière de formation initiale et continue. Il existait autrefois des systèmes d'entente avec les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Myriam LEROUX

Le problème que vous soulevez est tout à fait anormal. Les torts sont cependant partagés : la Commission européenne a versé tardivement aux États membres les subventions destinées aux enseignants et les États ont eux-mêmes tardé à reverser les sommes dues aux enseignants. Ces délais ont causé un grand tort aux actions de formation puisque les enseignants échaudés par l'expérience les ont déconseillées à leurs collègues. Nous ne pouvons que souhaiter que les choses s'améliorent.

Mis à jour le 15 avril 2011
Partager cet article
fermer suivant précédent