Colloque « Les contenus culturels dans l'enseignement scolaire des langues vivantes »

Avant-propos


Le groupe des langues vivantes de l'Inspection générale de l'Éducation nationale

L'enseignement scolaire des langues vivantes se propose d'amener l'élève à se construire des compétences de compréhension et d'expression, à l'oral comme à l'écrit. Cet objectif général est évidemment adapté selon les moments du cursus, mais il est mentionné dans tous les programmes, de l'école élémentaire au baccalauréat, général, technique ou professionnel. Il semble accepté partout, dans l'institution comme dans l'opinion publique. Cependant, il est parfois ramené à la manipulation d'énoncés stéréotypés susceptibles d'aider à communiquer dans des circonstances dûment répertoriées. Sans doute était-il inévitable qu'une image, aussi réductrice, soit propagée ici ou là par des non- spécialistes de cet enseignement. Or l'observation des pratiques de classe suggère que certains professeurs ne parviennent pas à échapper à cette représentation de leur métier, quitte à vite lasser les élèves, qui, surtout à l'adolescence, n'acceptent pas volontiers de "parler pour ne rien dire".

Pourtant les recherches en didactique ont eu raison d'une opposition irréductible entre savoir et savoir-faire. Par ailleurs, la querelle, toujours quelque peu vaine, entre l'étude exclusive des grands textes d'une littérature et la nécessaire connaissance des caractéristiques de la vie quotidienne d'un pays est largement dépassée à l'heure où les échanges deviennent plus complexes. Ce sont les références culturelles qui rendent véritablement fructueux ces échanges entre partenaires étrangers. Dans cette perspective, elles ne sauraient se limiter à quelques données constamment ressassées ou à quelques figures emblématiques revues année après année. L'enjeu est plus crucial encore pour les pays d'Europe : l'émergence d'une culture commune, dans la logique de la construction de l'Union, sera le fruit d'une évolution progressive, partant de traits communs à tous les pays membres et prenant en compte les spécificités culturelles de chacun.

Ce n'est pas un hasard si les plus récents programmes de langues vivantes pour l'école élémentaire, pour le CAP ou pour le lycée d'enseignement général, soulignent, chacun en fonction de l'expérience de la langue à ce stade du parcours des élèves, le poids de la composante culturelle de l'enseignement.

Le moment semble donc propice à une réflexion d'ensemble sur cette question. Il s'agit d'abord d'essayer de définir tout ce qu'il y a de culturel dans le fonctionnement et l'utilisation d'un outil de communication qui crée et véhicule une représentation du monde ; il s'agit aussi d'étudier les modalités qui permettent la prise en compte de cette dimension culturelle dans la classe de langue et, parmi les diverses composantes des stratégies pédagogiques pertinentes, c'est notamment une question de choix des supports, de place de la compréhension, d'organisation de la progression et d'évaluation ; il s'agit enfin de préciser comment la dimension culturelle de l'apprentissage est présente chaque fois que les élèves sont amenés à utiliser une langue étrangère hors de la classe de langue, pour leur travail personnel, dans les cours de DNL des sections européennes, dans les dispositifs transversaux ou dans les échanges scolaires.

Des échanges nourris entre universitaires, exerçant en UFR de langues ou en IUFM, et corps d'inspection, c'est-à-dire entre tous ceux qui interviennent dans la formation initiale ou continue des professeurs et dans l'évaluation de leurs pratiques, doivent permettre la mise en évidence de toute la richesse de l'objectif de communication assigné à l'enseignement des langues vivantes et par là même de dégager des pistes susceptibles de le rendre plus efficace.



Actes du colloque - Les contenus culturels dans l'enseignement scolaire des langues vivantes 4 et 5 décembre 2003

Mis à jour le 15 avril 2011
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