Colloque « Éduquer à l'environnement, vers un développement durable »

L'action du gouvernement en matière de développement durable


Tokia Saifi, secrétaire d'État au développement durable

Monsieur le ministre, mesdames et messieurs,

Vous ne serez pas surpris que je vous dise combien je suis heureuse d'être aux côtés de Luc Ferry ce matin pour ouvrir cet important colloque. Chacun sait que l'éducation à l'environnement pour un développement durable, thème central de ces trois journées, est un sujet qui m'est cher. Je suis convaincue que si nous voulons que le développement durable et les changements qui l'accompagnent deviennent une réalité, nous devons en passer par l'éducation. Ce colloque, ambitieuse initiative de votre grande maison, monsieur le ministre, me réjouit particulièrement.

Il me réjouit tout d'abord parce qu'il marque la volonté du Gouvernement et de votre ministère de relancer l'éducation à l'environnement à l'École. Il me réjouit également parce qu'il réunit pour une réflexion de haut niveau sur l'éducation à l'environnement les grands acteurs et les responsables du système éducatif. Bien qu'elle s'adresse en priorité à l'Éducation nationale, cette rencontre a su s'ouvrir aux institutions et aux membres de la société civile, représentative d'actions fortes menées dans le domaine de l'éducation à l'environnement. Nombre de ces actions sont d'ailleurs intégrées à nos politiques publiques. Il me réjouit enfin, cela est évident, parce qu'il traite d'un sujet majeur pour notre génération et celles qui nous suivent : le développement durable, sans la mise en œuvre duquel notre planète pourrait ne pas survivre.

Les évolutions et les changements que le développement durable implique sont urgents et nécessaires car, nous le voyons tous, la dégradation de notre environnement s'accélère. Or la mobilisation et l'engagement qu'appelle ce défi de notre temps sont inséparables d'une très large éducation, d'une formation et d'une sensibilisation de tous, jeunes et adultes, aux problématiques du développement durable, approchée sur ses trois piliers fondamentaux : l'environnement, le social et l'économique.

Permettez-moi de vous citer les propos de David Orr, professeur d'études en environnement au collège Oberlin aux États-Unis : "La crise environnementale actuelle et le désordre de l'écosystème qui l'accompagne reflètent en fait le désordre de notre esprit. Cette crise est dans tous les sens une crise intellectuelle et une crise mentale, ce qui en fait, au bout du compte, une crise de l'éducation. Nous avons appris à une génération comment industrialiser la biosphère, sans lui enseigner au préalable son fonctionnement".

Je suis persuadée que nous devons apprendre à nos enfants comment fonctionne notre belle et fragile planète, quelles en sont les ressources et les limites. Nous devons leur montrer, leur faire toucher, même, par un contact tangible, notre interdépendance avec la nature et l'environnement. J'insiste sur cette importance du contact tangible car de mon point de vue, la seule connaissance intellectuelle des choses est insuffisante pour susciter des prises de conscience en profondeur. Le Gouvernement a clairement souligné cette primauté de la responsabilité de tous, y compris de nos jeunes, en faisant du citoyen, acteur du développement durable, l'élément clé de la stratégie nationale du développement durable adoptée en juin dernier.

Ce premier axe de la stratégie a justement permis d'arrêter un nombre important d'actions en matière de formation et d'éducation à l'environnement, dont certaines commencent déjà à se concrétiser. Je suis ainsi particulièrement attentive à la mise en œuvre des expérimentations engagées depuis septembre dernier dans dix académies sur proposition du professeur Ricard, que je remercie chaleureusement pour tout le travail qu'il a effectué. Ces expérimentations ont vocation à être généralisées à la rentrée 2004.

Dans le droit-fil des objectifs de notre stratégie nationale, je suis également heureuse de vous informer que la lettre interministérielle portant création d'un observatoire national de l'éducation à l'environnement pour un développement durable est en cours de signature. L'architecture en réseau de cet observatoire permettra de recueillir, d'analyser et d'apporter des informations scientifiques et techniques actualisées et validées à l'ensemble des acteurs du système. En mutualisant les ressources dans ce domaine, l'observatoire deviendra à terme un lieu privilégié d'information et d'échanges entre tous les acteurs de l'éducation à l'environnement pour un développement durable.

L'importante dynamique, inscrite dans ce programme d'action de la stratégie nationale, suscitera dans les mois qui viennent d'autres initiatives. Au nombre de celles-ci, je mentionnerai tout particulièrement le colloque international sur l'éducation au développement durable, qui se déroulera en avril prochain. Celui-ci aura notamment pour objectif, à la lumière des résultats obtenus lors de ces trois journées et du bilan à mi-parcours des expérimentations, de contribuer à la généralisation des démarches pédagogiques innovantes à l'ensemble des établissements scolaires.

Il permettra également de jeter les bases de la charte nationale pour l'éducation à l'environnement vers un développement durable dont la signature est prévue au troisième trimestre 2004. Ce colloque constituera par ailleurs un moment privilégié pour l'élaboration de propositions pour le développement de coopérations, en particulier francophones, avec les réseaux de l'observatoire.

Enfin, je suis heureuse de souligner que l'élaboration et la mise en œuvre de notre stratégie nationale de développement durable a permis une très bonne collaboration entre nos deux ministères, tant au niveau national qu'à celui des services décentrés. Cette collaboration a donné lieu dès 2002 à des actions concrètes, d'une grande pertinence pour le développement de l'éducation à l'environnement, tant pour le système scolaire que périscolaire. Permettez-moi d'en donner trois illustrations.

Je citerai tout d'abord le nouvel élan donné au dispositif "Mille défis pour ma planète", qui a suscité cette année encore de très nombreux projets, notamment dans les écoles, les collèges et les lycées. Les jurys régionaux, réunis en novembre dernier, ont labellisé environ 800 projets, dont plus de 60 % sont réalisés par des classes ou des établissements scolaires. J'adresse ici un grand merci aux enseignants qui s'engagent dans la réalisation de ces projets exemplaires.

Je voudrais évoquer ensuite la réalisation de l'excellent numéro de la revue Textes et Documents pour la classe, consacré au développement durable. Il est le fruit d'une étroite collaboration entre l'équipe de rédaction de cette revue et les services du ministère de l'écologie et du développement durable. Cette collaboration a été remarquablement coordonnée par messieurs les inspecteurs généraux Hagnerelle et Bonhoure, que je souhaite remercier ici.

Je conclurai en évoquant le dispositif lancé par Luc Ferry en faveur de l'engagement des jeunes qui ont envie d'agir. Là aussi, nos actions respectives au sein du Gouvernement se rejoignent. En effet, ce dispositif original vise à encourager les jeunes à agir concrètement en faveur de la solidarité, de l'environnement, de la culture ou de la citoyenneté en développant leur sens des responsabilités. La contribution de ce dispositif à la compréhension des valeurs inscrites dans le développement durable est indéniable.






Actes du colloque - Éduquer à l'environnement, vers un développement durable 17-19 décembre 2003

Mis à jour le 15 avril 2011
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