Colloque « Espace et éducation »

Ouverture

Martine Le Guen, sous-directrice des actions éducatives et de la formation des enseignants

Je voudrais vous souhaiter la bienvenue à la Cité des sciences et de l'industrie, cadre privilégié pour notre colloque consacré à la thématique "espace et éducation". Ce colloque national a été conçu en étroite collaboration avec le Centre national d'études spatiales (Cnes), l'Inspection générale de l'Éducation nationale des premier et second degrés, la direction de l'Enseignement scolaire (Desco) et la direction de la Technologie (DT).

Il s'inscrit dans le cadre du Programme national de pilotage de la Desco dont les séminaires et colloques s'adressent prioritairement aux cadres du système éducatif : aujourd'hui, nous regroupons dans cette salle des représentants des corps d'inspection, d'enseignants, de formateurs, de personnes ressources des réseaux scientifiques afin qu'ils soient les relais dans les académies de la volonté ministérielle de développer l'enseignement scientifique.

Le présent colloque traduit de façon concrète deux démarches convergentes :

  • un partenariat renouvelé avec le Cnes : je rappellerai à cet égard qu'une convention signée en juin 2003 entre les trois partenaires : Cnes-DT et Desco, entend lancer une nouvelle dynamique liée aux enjeux scientifiques et sociétaux que constituent les sciences et techniques spatiales ;
  • une relance de la culture scientifique et technique amorcée avec le dispositif "Sciences à l'école" destiné à améliorer la formation scientifique de tous les élèves et à favoriser les orientations d'un nombre croissant d'élèves vers les filières scientifiques pour pallier la crise des vocations.

Aujourd'hui, à travers le colloque, la Desco souhaite répondre à quatre préoccupations majeures :

  • contribuer à diffuser de nouveaux savoirs et savoir faire scientifiques en vue notamment d'actualiser les connaissances des enseignants et des élèves ;
  • aider à orienter les élèves vers les sciences en leur offrant dans le cadre de l'éducation, une familiarisation avec des outils scientifiques et techniques de haut niveau dont ils ont une première idée par l'intermédiaire des médias, que l'école doit approfondir afin de développer l'esprit critique des élèves ;
  • prendre appui sur les corps d'inspection, tant au niveau de l'enseignement primaire que secondaire, pour qu'ils développent des stratégies de formation à l'initiative des académies en lien avec des membres des réseaux scientifiques ;
  • développer de ce fait de nouvelles pratiques pédagogiques qui soutiendront la relance de la culture scientifique et technique au sein de l'École.

Le Cnes nous montre que les grands programmes spatiaux permettent une illustration concrète des applications des disciplines enseignées.

En effet, les sciences et techniques spatiales sont un lieu de développement et d'application des sciences et techniques présentes dans les enseignements secondaires. Elles constituent un terrain fédérateur pour les disciplines d'enseignement qui relèvent de l'enseignement primaire et qui se diversifient dans l'enseignement secondaire, à travers les mathématiques, sciences physiques, sciences de la vie et de la Terre, sciences et techniques industrielles et l'histoire et la géographie.

Actuellement l'utilisation des données spatiales contribuent à :

  • une meilleure compréhension de la Terre : elles favorisent l'approche systémique en lien avec les échelles temporelles et spatiales ;
  • une surveillance accrue de la Terre, en particulier des phénomènes climatiques ;
  • une prévention des risques naturels : nous avons en mémoire les images relatives aux récents cyclones ;
  • une réflexion visant à la construction d'une gestion durable des ressources naturelles.

À ce titre, la généralisation de l'éducation à l'environnement pour un développement durable (EEDD) à compter de la rentrée va nécessiter un accompagnement des enseignements par la formation et la mise à disposition de ressources qu'il vous appartient de piloter et de concevoir.

Il s'agit donc de familiariser les enseignants et les élèves à l'utilisation de ces données spatiales désormais essentielles.

Mesdames et messieurs, au cours du colloque, vous allez bénéficier aujourd'hui de conférences d'éminents spécialistes, demain de deux séries de six conférences-ateliers sur des thématiques précises d'utilisation des données spatiales, puis l'après-midi, une table ronde sera centrée sur la problématique de l'espace comme concept fédérateur pour les disciplines.

J'ajoute que le présent colloque fera l'objet d'actes, édités au CRDP de l'académie de Versailles, dans la collection "Les Actes de la DESCO" et d'une mise en ligne sur le site ÉduSCOL (http://eduscol.education.fr/) afin d'en démultiplier la diffusion.

Mesdames et messieurs, je vous souhaite, pendant ces deux jours, des échanges fructueux.

Philippe Pujes, directeur du département Espace et Aéronautique au ministère de la Recherche

Les indications spatiales occupent dans nos sociétés une place essentielle dans les domaines des télécommunications, de la navigation, de la localisation, de l'observation de la Terre, de l'aménagement du territoire, des sciences, de la connaissance de l'Univers et de la planète ou de la physique fondamentale. Ce constat est effectué par les plus hautes autorités de la nation comme par les instances de la Communauté européenne, l'espace est inscrit comme domaine partagé dans le traité constitutionnel européen. Il s'agit de sensibiliser la population active de demain, c'est-à-dire les élèves d'aujourd'hui, aux potentialités et aux utilisations de l'espace. Le renouvellement très important des chercheurs et ingénieurs dans les prochaines années nécessite également la naissance de vocations parmi ces élèves. À ce titre, le "livre blanc" rédigé par la Commission européenne recommande que les sciences spatiales soient incluses dans les cursus scolaires.

L'espace est un remarquable support d'enseignement. Il possède une forte part de rêve, un caractère pluridisciplinaire, une mise en pratique permanente de ses applications, favorisant l'intérêt de l'élève. Nous pensons donc que l'espace doit susciter les vocations des élèves, ce qui est une des principales priorités des ministères de l'Éducation nationale et de la Recherche.

Arnaud Benedetti, directeur de la communication, de l'éducation et des affaiures publiques du Cnes

J'aimerais dire quelques mots sur le rôle du Cnes en matière d'éducation. Depuis 1962, le Cnes mène une politique de diffusion du savoir et du savoir-faire des acteurs spatiaux. Nous avons toujours souhaité répondre à la demande des jeunes puis, plus tard, à celle des enseignants afin de renouveler et d'enrichir les pratiques pédagogiques. L'éducation et la formation des jeunes sont plus que jamais une priorité réaffirmée de la politique de communication de notre établissement avec un double objectif : informer et diffuser. Il s'agit avant tout d'informer le futur citoyen de l'apport des techniques spatiales à la connaissance, à la protection de notre planète et à l'amélioration des conditions de vie de l'homme. Il faut également diffuser les acquis scientifiques ; cet objectif constitue un enjeu essentiel. Cette volonté se traduit par un certain nombre d'actions et de supports mis à la disposition des jeunes, dans une recherche de partenariat avec le monde éducatif et le monde associatif. Dans ce contexte, le ministère de l'Éducation nationale est le partenaire privilégié de nos activités. C'est dans le cadre de ce partenariat que se matérialise notre convention, reconduite tous les quatre ans, et dans laquelle ce séminaire prend place.

Je tiens à souligner l'importance que nous accordons à la formation des enseignants, qui sont les seuls capables d'effectuer la médiation entre le domaine spatial, ses applications, et l'élève. Nous avons l'ambition de montrer que la plupart des programmes spatiaux sont en mesure d'apporter une illustration créative et concrète des applications des disciplines fondamentales enseignées. Nous entendons donc privilégier cette approche transverse de l'espace. Ainsi, nous avons choisi de vous offrir un panorama des sciences et techniques spatiales. Il n'est pas exhaustif, mais il offre un aperçu des potentialités, dont nous espérons qu'elles vous convaincront que nous pouvons bâtir quelque chose ensemble. Les présentations auxquelles vous allez assister seront faites par des ingénieurs et des scientifiques du Cnes et d'autres institutions partenaires du Cnes qui se sont toujours engagées dans une démarche d'éducation. C'est le cas non seulement du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), des universités, de l'École supérieure d'agriculture de Purpan (Esap), de l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref), de l'Institut national de géographie (IGN), de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et de l'Institut de recherches pédagogiques (INRP), mais aussi de l'École nationale des sciences géographiques (ENSG), de l'École normale supérieure, du ministère de l'Écologie et du Développement Durable et de la Commission européenne. Chacun sait en effet que l'Union européenne multiplie les efforts pour que l'Europe participe davantage aux enjeux de l'activité spatiale, qui a connu une évolution considérable au cours des dernières années. Je souhaite remercier toutes ces institutions pour leur fidélité dans l'accompagnement des actions en direction du monde scolaire. Il faut également souligner la présence de notre partenaire associatif Planète Science qui, en relayant nos actions dans les écoles et auprès des jeunes, en facilite la diffusion large.

Une exposition est à votre disposition, représentant les outils et les actions proposés aux établissements scolaires. Je ne peux que vous encourager à rencontrer les équipes animant cette exposition. Les actions développées par le Cnes au cours des trois dernières années s'articulent autour de trois axes : la formation, les cadres d'activité liés aux actions expérimentales et les différents supports. La formation est celle des enseignants et des relais favorisant la diffusion de notre information, notamment lors des universités d'été. Les cadres d'activité liés aux activités expérimentales concernent la mise en place d'activités liées à l'espace, directement dans les établissements scolaires, par le biais d'actions d'expérimentation menées à l'initiative du ministère ou du Cnes. Il s'agit d'activités touchant les domaines de la cartographie, de l'observation de la Terre, des lanceurs ou de la localisation. Enfin, les divers supports d'information et d'outil pédagogique sont adaptés aux besoins des enseignants, qu'ils s'agissent de supports écrits, de logiciels ou d'expositions.

La stratégie du Cnes à l'égard de l'éducation s'est développée dans des milieux en pleine évolution, notamment en ce qui concerne les milieux industriels et internationaux. Nous pensons que de telles actions, menées depuis plus de quarante ans, ont permis au Cnes de se doter d'une compétence unique dans le domaine spatial en Europe. Cette compétence est collective : les scientifiques, les enseignants et les jeunes en sont les acteurs. Nous essayons de la transmettre, de l'enrichir, de la renouveler, et c'est ensemble que nous y parviendrons. En effet, l'espace, dans toutes ses composantes, constitue une aventure qui nous engage solidairement. Au moment où l'on sent poindre une remise en question de la science et de la technologie, des initiatives de ce type contribuent à éclairer un débat méritant plus que jamais le concours de la pédagogie, pour faire reculer les peurs et les ignorances.

Au nom du Cnes, je vous souhaite donc deux journées de débat riches et studieuses.

Actes du séminaire national - Les sciences de la vie et de la Terre au XXIème siècle : enjeux et implications 15 et 16 décembre 2004

Mis à jour le 15 avril 2011
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