Séminaire « Développement de l'internat scolaire public »

Les conditions de réussite de l'internat

Michel Valadas, directeur de cabinet du ministre délégué à l'Enseignement professionnel

Pour commencer, il va de soi que la question de l'internat scolaire intéresse tout particulièrement les responsables de l'enseignement professionnel. Je me permettrai de rappeler quelques chiffres. A la fin du collège, 32% des jeunes choisissent la filière professionnelle et un bachelier sur six provient de cette filière. Mais il existe aussi des quatrièmes et troisièmes implantées en lycée professionnel, avec des élèves qui, pour beaucoup d'entre eux, ont déjà 15 ans, voire plus. On sait par ailleurs que l'origine sociale des élèves qui choisissent cette filière est souvent modeste. Notre objectif est de leur permettre d'acquérir une professionnalisation durable, de tout mettre en œuvre pour les accompagner, les aider, les réconcilier éventuellement avec l'école. Enfin, il n'existe pas des lycées professionnels partout, il y a des spécialisations de filières, et les cas d'élèves relativement éloignés du lieu de domicile de leur famille sont donc fréquents. Cette contrainte est particulièrement évidente pour les jeunes résidant en zone rurale et plus encore pour les jeunes venus des Dom-Tom.

On voit bien à quel point l'enseignement professionnel peut profiter d'une relance de l'internat allant dans le sens d'une meilleure prise en charge des élèves, d'un cadre positif pour la poursuite de leurs études. Je me félicite donc de cette journée de réflexion, dont nous suivrons avec attention les conclusions et les développements.

Trois domaines de réflexion, parmi ceux que vous avez choisis, me paraissent tout particulièrement déterminants.

Le premier est qu'il ne peut pas y avoir d'internat sans projet éducatif et que les fonctions d'accompagnement sont d'une importance telle qu'elles ne peuvent pas s'improviser. La formation des acteurs est indispensable : conseillers d'éducation, personnel soignant, aides-éducateurs…, il faudra les former aussi aux spécificités de l'enseignement professionnel.

En second lieu, il faut résoudre des problèmes non seulement éducatifs, mais aussi administratifs et juridiques, pour ouvrir l'internat sur l'extérieur. C'est un point auquel nous serons particulièrement attentifs puisque l'ouverture sur l'extérieur est, pour nous, une évidence, une nécessité cruciale, une manière de fonctionner, si je puis dire, de notre enseignement : stages en alternance, en entreprise, dans des institutions, des associations, etc.

Enfin, le développement de l'internat est une responsabilité qui doit être partagée avec différents partenaires : la collectivité locale concernée mais aussi d'autres ministères, par exemple pour permettre l'accueil de jeunes d'autres pays, notamment dans le cadre du développement des formations à l'étranger. Dans le cas de l'Europe, on voit bien le besoin de plus en plus grand de mobilité au sein des filières professionnelles et cela a des répercussions immédiates sur les besoins en termes de formation de nos élèves. On doit s'attendre à une multiplication des échanges scolaires au niveau de l'enseignement professionnel. Nos élèves auront à effectuer des périodes de scolarité à l'étranger, et nous aurons à accueillir des jeunes venant de l'étranger. Cela vaut aussi, et c'est très important à mes yeux, pour les pays du continent africain, dont les jeunes pourraient ainsi plus facilement suivre chez nous, pendant une année au moins, un enseignement professionnel. Je pense que dès la rentrée 2001, nous en accueillerons un certain nombre.

Pour conclure cette brève réflexion, je dirais qu'un certain nombre de conditions minimales doivent être mises en place si nous voulons vraiment réussir l'internat. D'abord, nous devons doter ces internats de prestations de qualité adaptées à la réalité de chaque établissement plutôt que de tendre à l'uniformité. Cela implique des études précises, une responsabilisation des équipes chargées de la commande de ces prestations. Il faut ensuite se mettre d'accord sur un coût acceptable pour les familles. Nous devons aussi déterminer, au cas par cas, les fonctions indispensables à implanter : il y aura des caractéristiques spécifiques pour chaque internat, suivant les villes ou les régions ainsi qu'en fonction des spécialisations des lycées professionnels. Il faut que nous soyons capables de bien les identifier pour que l'internat réponde aux besoins précis de scolarisation des jeunes qu'il accueille. Enfin, il faut chercher le plus possible, à travers les activités conduites dans l'internat, à travailler avec l'environnement, avec d'autres établissements. C'est là encore une garantie d'ouverture et d'intégration sociale.

Mesdames, Messieurs, vous pouvez compter sur l'appui de Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'Enseignement professionnel, dans vos tâches quotidiennes et, ensemble, dans la conduite de ce grand et nécessaire projet.

Au nom de Jean-Luc Mélenchon, ministre délégué à l'Enseignement professionnel


Actes du séminaire national - Développement de l'internat scolaire public

Mis à jour le 15 avril 2011
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