Séminaire « L'internat : Pour qui ? Pour quoi ? »

Prise en compte de l'hétérogénéité des publics

Animateurs : Christian Vergne et Olivier Enderlin
Témoins : Gérard Mercier, Ivan Canifor, Daniel Rosiaux, Nicolas Marques

  • Il s'agissait de répondre aux questions suivantes :
    • de quelle hétérogénéité parlons-nous ?
    • quelles difficultés sont rencontrées dans les internats ?
    • quelles pistes pour organiser des formations pour les personnels de l'internat ?
    • quels problèmes d'ordre réglementaire se posent ?

Quels publics peut-on réunir ?

À partir des expériences relatées, il semble que l'on peut réunir des publics d'élèves très divers (élèves "ordinaires" + élèves de SEGPA + élèves d'UPI + élèves proposés par la PJJ)

Toutefois des limites sont très vite apparues :

  • la mixité des élèves de lycée général et technologique avec des élèves de collège paraît possible à divers endroits mais la mixité des élèves de lycée professionnel et de collège semble plus difficile à envisager ;
  • si la mixité des élèves présentant des handicaps de tous ordres (collégiens entre eux ou lycéens entre eux) est possible, il faut veiller au nombre d'élèves en difficulté.

Procédures et professionnalisation des acteurs

Les procédures

L'affectation et l'inscription des élèves

Les élèves sont affectés dans un établissement par l'inspecteur d'académie pour suivre une scolarité et non intégrer un internat.

L'internat est un service annexe tout comme la demi-pension ; l'inspecteur d'académie n'intervient jamais sur les services annexes.

De plus, les procédures d'affectation sont de moins en moins manuelles pour entrer en seconde professionnelle ou générale et technologique ; ces affectations informatisées sont simplement validées par des commissions.

Si on admet qu'il doit y avoir affectation à l'internat, il faut donc créer des commissions d'affectation dans les internats, présidées par les inspecteurs d'académie. Ces commissions devront se doter de critères de sélection ? Lesquels ? D'autant qu'ils risquent d'évoluer en fonction des publics déjà accueillis ?

Comment faire pour harmoniser l'affectation en internat et en même temps l'affectation dans une voie de formation ? Comment réserver des places, par exemple en LP ? Combien de places en BEP, en bac professionnel, combien par filières, sans pour autant perdre des places en internat ou dans les classes ?

Une clarification du cadrage de ces procédures est nécessaire. L'information et le rôle de l'inspecteur d'académie sont à mieux déterminer. Ainsi, l'inscription des élèves ne relève que du chef d'établissement. Mais lorsqu'il y a exclusion de l'internat par conseil de discipline, comment l'élève fait-il pour suivre sa scolarité ? En particulier dans des sections de lycée professionnel éloignées du domicile de l'élève ? Quel rôle doit jouer l'inspecteur d'académie dans ces conseils de discipline qu'il ne voit actuellement pas puisqu'il n'a pas obligation de recaser un élèves qu'il a affecté dans une classe et non un internat ?

Qui peut proposer des élèves pour suivre une scolarité avec internat ? Des structures partenaires comme la PJJ, la DDASS ? etc. Avec ou sans l'autorisation de l'inspecteur d'académie ?

Actuellement, en collège et en lycée, l'inspecteur d'académie est rarement consulté pour l'admission en internat de collège sauf s'il y a demande de dérogation de secteur ; en lycée la demande de dérogation souvent liée à des options rares ou éloignées du domicile de l'élève ce qui masque sa demande d'intégrer un internat. Il faut noter que certains internats de lycée ne réservent leurs places qu'aux élèves de post-bac... qui ne sont pas affectés par l'inspecteur d'académie mais par le rectorat. La lisibilité est donc très difficile.

La cohabitation des élèves mineurs et majeurs dans un même internat et surtout dans des mêmes locaux peut poser problème mais être réglée par le règlement intérieur de l'internat.

L'information des partenaires évolue, forcément, dans le temps... Comment faire savoir qu'il n'y a plus de places possibles pour des élèves en difficultés sans mettre en péril les autres internes ? Ce nombre évolue dans l'année en fonction des élèves déjà admis, en fonction des compétences des adultes à prendre en charge les différents types de difficultés... Comment faire savoir qu'à l'inverse on peut accueillir quelques élèves en cours d'année ? Comment alors les "choisir" ? sur quels critères ?

La professionnalisation des acteurs

Gérer un public varié, hétérogène et difficile nécessite des acteurs compétents donc professionnels et au moins formés à cela. Cela signifie donc :

Profiler les postes

  • postes de chefs d'établissement et d'adjoints
  • postes de conseiller pédagogique d'éducation
  • postes de gestionnaires
  • postes d'infirmiers

Reconnaître et gratifier ces emplois

  • par une nouvelle bonification indiciaire (NBI) plus importante (ou créée)
  • par un classement de ces établissements en donnant un poids plus important au critère "internat"
  • par l'octroi d'une prime
  • par un avancement plus rapide dans la carrière (passage en 2.1 plus rapide, à l'échelon supérieur, etc.).

Professionnaliser les maîtres d'internat

Cela signifie :

  • mieux les recruter en établissant des profils de poste selon les établissements
  • les recruter par un entretien avec le chef d'établissement et le CPE d'accueil
  • les former dans le cadre des plans académiques de formation
  • organiser leur stabilité en leur proposant des contrats de recrutement leur permettant au bout d'un certain nombre d'années d'être titularisés grâce à la validation des acquis professionnels (VAP) ou la validation des acquis de l'expérience (VAE) en tant que conseiller pédagogique d'éducation ou conseiller d'éducation (à recréer ? ) ou encore leur permettre de passer plus facilement des concours de recrutement d'enseignants ou de personnels administratifs (concours spécifiques...)

Mieux utiliser les aides éducateurs

En profilant pour eux des postes en internat et en organisant pour eux (sous réserve de stabilité dans le poste) un accès facilité, par la VAE, à la titularisation sur des postes de type CPE ou autres.

La formation des acteurs

Tous les acteurs du système éducatif doivent au moins être informés.

Cela peut être fait

  • dans les Iufm, en formation initiale, pour les futurs enseignants et conseillers pédagogiques d'éducation.
  • dans les centres académiques de formation de l'administration (CAFA) pour les personnels administratifs, ouvriers et de santé.
  • lors de la formation des chefs d'établissement, des conseillers d'administration scolaire et universitaire (CASU), des inspecteurs.

Une formation continue dédiée à la problématique de l'internat doit être organisée pour les :

  • chefs d'établissement
  • gestionnaires
  • infirmiers
  • assistants sociaux
  • personnels ATOS
  • Maître d'internat et surveillants d'externat
  • aides éducateurs

en poste dans des établissements avec internats.

Ces formations doivent être de deux types :

  • formations d'établissements (comprenant également des enseignants de l'établissement)
  • formations catégorielles.


Actes du séminaire national "L'internat : Pour qui ? Pour quoi ? " - Paris 24 et 25 octobre 2001

Mis à jour le 15 avril 2011
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