Séminaire « Prévention de la violence et accompagnement des établissements »

Atelier n°9 : Problématique du retour dans leur fonctiondes personnels victimes de situations de violence

Animateurs : Brigitte Tastet, médecin conseil du recteur de Créteil et Jean-Pierre Mongenie, proviseur à Aulnay (Seine-Saint-Denis)
Rapporteur : Thérèse Tomas, principal du collège Vincent d'Indy, Paris 12ème

Une remarque liminaire : le groupe a souvent associé - voir amalgamé - le thème du retour de la victime et celui de la gestion de la crise.

La problématique

La question du retour de la victime de situation violente dans ses fonctions s'avère indissociable de la prise en compte de et d'une réflexion sur :

  • l'acte de violence lui-même (distinction entre violence " visible " et violence " ressentie " par la victime)
  • le regard des autres (de tous les autres)
  • la réponse institutionnelle apportée (ou la non réponse)
  • la circulation de la parole, la " qualité " de la parole dans l'établissement et ce que l'on en fait.

Le groupe a défini ce qu'il a appelé des " lignes de force incontournables " telles que l'information, la prise en compte collective (mobilisation des équipes) ainsi que le positionnement du chef d'établissement :

  • par rapport à son équipe
  • par rapport à la " situation de violence "
  • par rapport à l'Institution et à la hiérarchie
  • en rapport aussi avec son approche individuelle.

Une reconnaissance de la situation de violence par la victime et par le collectif est nécessaire ainsi qu'une distance suffisante, en distinguant humain et affectif et un accompagnement de la victime, à la fois au moment du retour et dans la durée. On doit prendre en compte également :

  • l'analyse-évaluation de la situation (sans jugement) ;
  • le positionnement de la victime dans l'institution ;
  • l'expression des besoins de la victime par elle-même afin de lui permettre de " construire " son processus de retour, et de fixer (elle-même) les limites de ce retour ;
  • la possibilité de déroger au fonctionnement administratif (si la victime exprime le besoin de changer d'affectation) ;
  • l'accompagnement du chef d'établissement (par experts extérieurs ou Institution car il n'est lui-même ni médecin, ni juge, ni procureur)...

Une piste : voir ce que font, dans ce domaine, d'autres grands services publics : gendarmerie, police nationale…

Le repérage des difficultés

Trois difficultés sont mises en avant :

  • la négation par la victime de la réalité de la violence ;
  • la loi du silence (par peur du regard des autres, manque de confiance des individus entre eux ou des individus envers l'Institution) ;
  • la qualité de la réponse qui peut être, à son tour, génératrice de violence.

Sens, intérêts, limites des réponses internes

Sens et intérêts

Il est préconisé d'écouter et de libérer la parole :

  • soit pour prendre en compte ;
  • soit pour prendre en charge ;
  • soit pour passer le relais à des professionnels ;

Le besoin d'une réponse interne et d'un positionnement institutionnel est avancé car leur absence pourrait être interprétée comme un jugement négatif ou comme une marque d'indifférence (ce qui pourrait être générateur ou amplificateur d'une " violence miroir ".

On doit affirmer clairement un seuil de tolérance.

Les limites

Sont mis en avant :

  • l'absence de recul par rapport à la situation ;
  • la " culpabilité ", non prise en charge de la victime ;
  • en interne, loi du silence ;
  • la difficulté du travail en équipe ;
  • la définition du travail en équipe ;
  • le risque de confusion des rôles et des fonctions dans l'établissement ;
  • la solitude du chef d'établissement ;
  • l'absence d' accompagnement du chef d'établissement soit par la formation, soit par le debriefing ;
  • la difficulté de l'entrée dans un " processus de restauration " quand il y a eu une réponse jugée inadaptée envers l'auteur de la violence.

Sens, intérêts et limites des réponses externes

Sens et intérêts

Sont mis en avant :

  • l'expertise ;
  • l'objectivité ;
  • le relais pour la prise en charge ;
  • les regards croisés sur le processus d'analyse de situation ;
  • le savoir-faire des autres institutions ;
  • l'expérience des autres pour construire soi-même une réponse
    adaptée.

Les limites

Sont mis en avant :

  • le risque de trop " externiser " la prise en compte de la situation et, ce faisant, de discréditer la gestion locale ;
  • le risque d'ingérence qui discrédite aussi l'institution ;
  • le coût médiatique ;
  • le défaut de partenariat avec les équipes locales ;
  • l'incohérence (possible) des multiples réponses partenariales.

 

Le groupe a considéré qu'il devait y avoir une complémentarité des réponses internes et externes pour bénéficier d'un «croisement» des regards et des savoirs-faire dans la gestion de la situation.

«L'interne» peut traiter la situation de la personne mais pas la personne elle-même. A l'inverse, «l'externe» peut s'occuper de la personne, elle-même mais a nécessairement besoin d'un partenariat avec «l'interne» pour s'occuper de la situation.

Actes du séminaire - Prévention de la violence et accompagnement des établissements

Mis à jour le 15 avril 2011
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