Séminaire « Prévention de la violence et accompagnement des établissements »

Atelier n°8 : Exploration de l'éthique et de la méthodologie de l'accompagnement

Animatrice : Josy Arpillière, académie de Versailles
Rapporteur : Michelle Gensbittel, académie de Créteil

Pour permettre la mise en œuvre de l'autonomie des établissements et la nécessaire évolution des pratiques pédagogiques, le pilotage par circulaires descendantes a montré ses limites. De nombreuses résistances existent, d'où le souci d'apporter une aide sous diverses formes.

À qui apporter une aide ?

En questionnant les différentes missions des inspecteurs, on repère que ceux ci peuvent apporter une aide individuelle dans leur rôle de formateur, un conseil, une préconisation, un arbitrage, mais que ces différentes formes d'aide, généralement de courte durée, sont différentes d'un accompagnement.

L'accompagnement questionné ici s'adresse à un EPLE, une école ou une circonscription.

Qui demande cette aide ?

S'il est indispensable que cette aide soit demandée par le chef d'établissement, que devient son statut lorsque l'établissement n'est pas demandeur ? Ceci se présente lorsque l'établissement est en situation de crise (ou ne remplit plus sa mission de service public).

Dans ce cas, une intervention est nécessaire. Elle est légitime, d'ordre hiérarchique. Elle a pour objectif de rétablir la légalité et le fonctionnement normal de l'établissement. Elle permet aussi une écoute des différentes personnes concernées par la crise et une sortie du registre émotionnel. Ce type d'intervention a été distingué de l'accompagnement. L'accompagnement s'apparenterait plutôt à un cheminement pour transformer une situation et construire des actions qui ne seront pas obligatoirement celles que l'accompagnateur avait pu envisager.

Il peut être demandé par le responsable de l'établissement après l'intervention ou indépendamment de toute crise dans une optique préventive.

Quel statut pour les intervenants ? Quelle déontologie ?

Le fait que l'accompagnement ne soit pas imposé, permet à des personnes occupant des fonctions diverses (inspecteurs, personnels de direction, CPE, enseignants, partenaires extérieurs…) d'y participer. Se pose la question de l'éthique, mot que le groupe a choisi de remplacer par déontologie. Il y a nécessité d'expliciter le rôle et les objectifs des accompagnateurs. Il s'agit éventuellement de pairs mais qui sont porteurs d'une expertise ou qui font autorité par rapport à l'objet de la demande. La légitimité de chacun des personnels de l'établissement doit être préservée. L'établissement peut à tout moment décider de faire cesser l'accompagnement.

À ce point des la réflexion, il apparaît que déontologie et méthodologie de l'accompagnement sont indissociables. Un va et vient entre ces deux notions s'opérera tout au long des échanges suivants.

L'accompagnement d'un établissement est une aide extérieure, inscrite dans la durée, négociée avec l'établissement, dont une des premières phases consiste à réaliser un diagnostic, à analyser la demande pour clarifier les besoins sous jacents et les faire émerger. Un contrat peut ensuite être passé entre l'établissement et les intervenants. Il est important que soit levé tout obstacle lié à une position hiérarchique, qu'il puisse y avoir écoute sans jugement, que les accompagnateurs et les personnes accompagnées ne soient pas dans une relation qui pourrait s'apparenter à une relation maître-élève. Cependant certains participants s'interrogent sur l'existence d'une dissymétrie dans cette relation qui peut être liée à la différence d'implication dans un situation locale ou à la connaissance de dispositifs existant ailleurs.

Ces préalables étant posés, un accompagnement de l'établissement peut se mettre en place. En fait, il s'agit d'un processus complexe ayant plusieurs phases et nécessitant des experts de différents domaines intervenant à plusieurs. Il apparaît donc qu'il n'existe pas un mais des accompagnements. Ils sont complémentaires et vont consister à analyser, transformer les demandes en besoins, révéler les ressources internes de l'établissement et les mettre en synergie. Ces accompagnements diversifiés, polymorphes, sont reliés par une même visée : rendre les différentes personnes de l'établissement acteurs des évolutions souhaitées.

 

Actes du séminaire - Prévention de la violence et accompagnement des établissements

Mis à jour le 15 avril 2011
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