Séminaire « Prévention de la violence et accompagnement des établissements »

Atelier n°2 : Histoire d'un événement : entre réalité et subjectivité

Animateur : Rémi Casanova, académie de Versailles
Rapporteur : Daniel Bonneton, principal du collège Léon Blum, Villiers-le-Bel (Val d'Oise)

Analyse de l'événement et du passage à la subjectivité

À partir d'un incident relaté par un membre du groupe, les stagiaires ont mis à jour les difficultés ayant entraîné le passage à la subjectivité, à savoir :

  • la déstabilisation d'un établissement n'a rien à voir avec la gravité de l'événement ;
  • l'événement est parfois un prétexte pour régler d'autres comptes, pour mettre en cause le fonctionnement de l'institution, pour formuler des craintes ou des appréhensions ;
  • l'événement en appelle d'autres face à des non réponses attendues de la part de l'institution.
  • Les événements ou les réactions s'enchaînent ; l'événement est dépendant de l'environnement. Sa gravité et sa perception dépendent du contexte et les réponses données par l'institution sont relatives ;
  • une réponse donnée ou une mesure par rapport à l'événement est perçue de manière différente par l'émetteur et par le récepteur.

Il en ressort que :

  • un des processus de passage du fait brut à la subjectivité est dans la perception de ne pas être entendu ou compris ;
  • il est parfois difficile de formuler l'événement ;
  • il est difficile d'avoir le recul et la sérénité nécessaires par rapport à l'événement ;
  • il peut exister une confusion des rôles : le chef d'établissement est à la fois commissaire, juge d'instruction, procureur, avocat.

Comment anticiper

En amont, il convient d'établir des références communes aux personnels, pour anticiper l'événement et donner un cadre à la gestion de l'événement, ce qui rend nécessaire l'existence de règles clairement énoncées au niveau de l'établissement, un règlement intérieur commun accepté de tous.

Il convient d'établir comme valeurs visibles comme l'estime de soi et le respect de l'autre.

Points sur lesquels s'appuyer pour construire une réponse adaptée

Sont avancées des actions telles que :

  • prendre en compte le ressenti, le reformuler, par l'écoute et l'accompagnement ; remonter au fait brut, faire émerger les symptômes avant-coureurs, puis les causes, pour agir sur elles ;
  • renoncer à juger, mais institutionnaliser les réponses, deux solutions sont utiles pour éviter la subjectivité ;
  • affronter les certitudes et les incertitudes de chacun ;
  • réconcilier le couple enfant-enseignant est complémentaire, antagoniste et contradictoire en même temps. Il faut passer d'un type de ces trois relations à l'autre. Il faut relier les partenaires, y compris les parents, peut-être faut-il accepter l'état de crise chronique, avec un passage permanent de l'ordre au désordre ;
  • repenser les structures de parole de chacun ;
  • repenser les pratiques pédagogiques étudier concrètement la problématique de l'exclusion et la problématique de l'orientation ;
  • retrouver les finalités du système éducatif. Dans l'établissement, on travaille à la paix sociale, on utilise le compromis, on reconstruit à bas bruit, mais chaque équilibre trouvé est fragile ;
  • se méfier du passage du compromis à la compromission.

 

Actes du séminaire - Prévention de la violence et accompagnement des établissements

Mis à jour le 15 avril 2011
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