Dossier tablettes numériques et retours d’expériences

Dossier tablettes numériques et retours d’expériences dans les académies. Intervention de Michèle Monteil (expert TICE en charge des tablettes numériques)

Michèle Monteil (experte TICE) est chargée de suivre les expérimentations des tablettes tactiles au ministère de l’Éducation nationale. Dans de nombreuses académies, des expériences avec les tablettes se sont mises en place.
L’académie de Grenoble a démarré un projet lecture en mai 2010, suivie par l’académie de Bordeaux avec un projet d’écriture et aussi au Puy-en-Velay avec un travail pédagogique. La ville d’Angers a participé à une expérimentation. On assiste aussi à des déploiements sans expérimentation. Au total, six académies, douze départements et deux villes ont utilisé les tablettes numériques. Michèle Monteil relève que son panorama est incomplet car certaines expérimentations ne sont pas recensées pour l’instant. Néanmoins, elle en tire quelques chiffres : pour l’année 2011/2012, tout confondu, (écoles, collèges, lycées), 4330 tablettes avec déploiement et 814 sans déploiement.

Suite à cette analyse, Michèle Monteil constate que la majorité de la mise à disposition des tablettes a eu lieu dans des collèges, les expériences les plus intéressantes, d’un point de vue pédagogique, ont eu lieu dans des écoles et l’expérimentation « phare » a eu lieu dans l’académie de Grenoble.

Michèle Monteil souligne qu’en quelques mois, les problématiques ont évolué. De la question : «que peut-on faire avec une tablette ?» on est passé à «que voudrait-on faire avec une tablette ?», et pour créer un modèle économique : «comment on va faire ?». La première question, «que peut-on faire ?» provient de l’héritage des ordinateurs personnels et aussi des composants issus des smartphones (carte SIM en particulier). On a ainsi pu bénéficier des caractéristiques techniques des ordinateurs comme l’autonomie d’utilisation, l’ergonomie dans les usages, de la simplicité et de la rapidité pour la mise en œuvre, un système d’exploitation plus léger et plus réactif. Les tablettes sont «parfaites» pour mettre en pratique les fonctions de base. Madame Monteil constate que les tablettes sont très adaptées aux utilisations consuméristes de notre société contemporaine.

De plus, les composants étant issus des ordinateurs comme le processeur, la carte graphique, la mémoire vive, les utilisateurs souhaitent avoir les mêmes fonctionnalités que les ordinateurs de bureau, comme la possibilité de la connecter à d’autres équipements, suivre les évolutions des systèmes d’exploitation, avoir des systèmes ouverts (logiciels libres), pouvoir créer des comptes utilisateurs et les personnaliser, supporter les différents types de formats de fichiers et avoir accès aux différentes suites logicielles. Améliorer la compatibilité avec les ressources existantes.
Les utilisateurs souhaitent intégrer la tablette à l’informatique existante et en particulier s’intégrer au réseau de l’établissement avec la possibilité de communiquer avec l’ENT et le TNI avec les nouveaux boîtiers qui permettent de repérer les tablettes dans la salle de classe.

La conclusion de Michèle Monteil est que les tablettes sont un outil complémentaire des ordinateurs de bureau. Elles sont faciles d’emploi, ce qui montre qu’elles ont été pensées pour cette caractéristique et pour une utilisation simple. A l’inverse pour des usages plus compliqués, non intégrés, les utilisateurs ont besoin de plus de compétences et de formation. La tablette pour l’instant ne diminue pas le poids du cartable car les manuels ne sont pas encore exploitables via ce support.

La tablette est un produit qui va évoluer en parallèle au monde de l’édition pour les ouvrages numériques. Michèle Monteil fait ce constat qu’il n’y a que peu de ressources pour l’instant dédiées à l’éducation. Elle avance la date de 2015 pour avoir des ressources et des appareils nécessaires à un déploiement national. C’est un appareil puissant qui va suivre les évolutions technologiques.