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"Je vous salis ma rue" - Un documentaire en ligne de V. Grandhomme et Luc Ronat - CNRS

Dans les villes et les campagnes, il n’est pas rare de voir les façades nues, les usines et les hangars abandonnés. Mais il arrive aussi que les bords d’autoroutes et de voies de chemins de fer, les transformateurs électriques et les postes d’aiguillages s’ornent de noms tracés en lettres géantes, déformées, boursouflées, entremêlées.

Virginie Grandhomme, sociologue à l'université de Nantes, a mené une enquête, durant trois ans à Nantes et dans les environs, sur la pratique du graffiti. Elle a vécu le quotidien des graffeurs, les suivant dans leurs déplacements y compris lors d'opérations illicites, pour comprendre la complexité et l'originalité de leur démarche, découvrant une communauté structurée et dense. 

Elle a commencé par dénombrer et construire un échantillon des représentations peintes dans la rue, puis a alterné les observations sur le terrain, les entretiens et la consignation des données recueillies. 

Elle a ainsi croisé les regards et les propos des graffeurs, d'un brigadier de police, d'un substitut du tribunal de grande instance, d'un agent de maîtrise du service de nettoyage de la ville, d'éditeurs de "La Table ronde Alternatives", et du directeur du collectif Pick Up Production, qui propose des murs pour une expression libre et légale. 

Ce film peut être utilisé dans le cadre du "Parcours citoyen" au collège en arts plastiques.

« L’apparition des graffitis symbolise le désordre. Toujours hyper stylisés, ils sont vécus comme une forme de surgissement d’autrui dans son quotidien, d’autant plus illégitime, que les graffitis sont illisibles et, ce faisant, inquiétants. Ces marques ne sont pourtant que la partie émergée de l’iceberg et, si bousculer les choses fait bien partie de l’intention des graffeurs, c’est en réalité plus souvent eux-mêmes et leur propre rapport au monde qu’ils cherchent à déplacer plutôt que celui des passants. Pratiquer le graffiti, c’est créer du désordre d’abord pour soi. C’est trouver les moyens de suspendre, au moins pour un temps, les effets des mécanismes de triage et de mise en série qu’implique l’inscription dans les études, la vie professionnelle et familiale »  (Virginie Grandhomme)

Voir "Je vous salis ma rue" en ligne (37 mn) - Site du CNRS

Publié le 30.06.2017

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