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Octobre 2004 |
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8) Premiers retours d'usages ESPACE NUMERIQUE DES SAVOIRS
Michelle Elardja, de la direction de la technologie, présente les premiers résultats de l'ENS, initiative ministérielle de mise à disposition de ressources numériques multimédia en ligne, libres de droit pour une utilisation pédagogique, et accessibles sans mot de passe à partir d'une interface unique. Ce système de plate-forme a été "particulièrement bien accueilli par les utilisateurs", souligne-t-elle. Le dispositif a été testé de février 2003 à juin 2004 auprès de 1 500 établissements volontaires, "sur un temps d'usage extrêmement court", avec pour objectif de "recueillir des indicateurs de pertinence sur la proposition technique d'accès aux ressources, l'intérêt des ressources proposées et sur les usages pédagogiques". Le ministère a recueilli 650 réponses dans le second degré et 100 dans le premier degré, soit un taux de retours de 55% pour les établissements du second degré et de 35% pour le premier degré.
L'enquête fait apparaître "une certaine complexité" pour la mise en place de la solution sur les serveurs : 80% des établissements ont effectué l'installation "et non la totalité, alors qu'ils étaient tous volontaires", précise Michelle Elardja. Si les difficultés techniques ont été "assez rapidement résolues dans la plupart des cas", l'accompagnement est "un point à prendre en compte en raison de l'absence souvent constatée d'administrateur réseau en local ou encore de réseaux très sécurisés". Les utilisateurs souhaitent "oublier la technique" via un service d'assistance pour la mise en place des ressources et la garantie d'un accès haut-débit à Internet - qui concerne pour l'instant la moitié des écoles et 87% des lycées -, car l'ENS apparaît "inutilisable à bas débit".
L'analyse des usages montre que 85% des enseignants utilisent l'ENS avec leurs élèves. Un tiers des enseignants du second degré le consultent "fréquemment", un tiers "peu fréquemment", un tiers "ponctuellement". Les usages se font surtout en salle multimédia et, dans plus de la moitié des cas, au sein des dispositifs transversaux de type TPE (travaux pratiques encadrés). Avec l'ENS, plus de 60% des enseignants déclarent avoir utilisé de nouveaux documents avec leurs élèves et 76% indiquent avoir modifié leurs habitudes. Pour 70% des documentalistes de collège et 80% de ceux du lycée, le dispositif améliore les recherches en CDI (centre de documentation et d'information). Cela permet "une recherche plus facile, plus rapide, plus précise grâce à des ressources fiables, adaptées à l'enseignement, regroupées dans une même interface". Les encyclopédies et la presse sont particulièrement consultées. Les encyclopédies sont plutôt utilisées en complément de crous et "rarement comme base du scénario pédagogique", précise Michelle Elardja. Ce sont des ressources spécifiques qui motivent les nouveaux usages pédagogiques.
OPERATION "UN COLLEGIEN, UN ORDINATEUR PORTABLE", DEPARTEMENT DES LANDES
Gilles Braun, chef du bureau de la production et de la diffusion du multimédia éducatif à la direction de la technologie, introduit une étude sur l'expérimentation dans les Landes d'équipement en ordinateurs portables des élèves, réalisée entre fin de l'année scolaire 2002-2003 et début 2003-2004. Il s'agit là des "premiers résultats sur l'usage à une échelle importante", qui seront en ligne sur Educnet et sur le site de Savoir-Livre (http://www.savoirlivre.com/). Noëlle Simonot, de Savoir-Livre, copilote de l'étude avec la DT, précise que 2 863 questionnaires ont été envoyés aux enseignants, élèves et parents. Elle s'attendait à recevoir davantage de retours de la part des enseignants, qui ont été 371 à répondre.L'étude distingue quatre "groupes d'attitude" pour les enseignants, déterminés par deux critères majeurs : la demande de formation (aux nouvelles technologies, aux contenus numériques et au usages pédagogiques des TIC) et le bénéfice perçu dans leur pratique d’enseignement. Il s’agit des "adopteurs", 25%, qui maîtrisent l'outil numérique et en voient le bénéfice; des "convaincus", 36%, qui en voient le bénéfice mais attendent une formation; des "conservateurs éclairés", 16%, qui n'en voient pas le bénéfice mais sont prêts à basculer; et des "réfractaires", 23%, qui n'en voient pas l'intérêt et ne souhaitent pas de formation. Au total, 77% des enseignants se situent en "adhésion potentielle" et 61% en "adhésion effective", analyse Noëlle Simonot. Ceux d'histoire et de géographie sont plutôt dans la catégorie des "convaincus" et utilisent à la fois le papier et le numérique. Les "conservateurs éclairés" se trouvent plutôt du côté des jeunes et des professeurs de Français. Les "réfractaires" sont plutôt des enseignants de plus de 50 ans en éducation physique et sportive. Les "adopteurs" utilisent le numérique plusieurs fois par semaine.
La moitié des élèves sont des "découvreurs". Ils voient "tout l'intérêt" du numérique pour leur scolarité et apprécient de disposer du matériel informatique. Ces élèves envisagent l'outil comme "particulièrement intéressant pour les langues" et utilisent l'ordinateur aussi bien à la maison qu'en classe. Les "technophiles désimpliqués", 39% des effectifs interrogés, n'éprouvent pas non plus de gêne avec l'informatique mais n'en voient pas l'utilité pour les cours. Ils aiment surfer sur Internet, mais pas pour travailler. Enfin, les "passifs", 11% des élèves, n'aiment pas le collège et considèrent que le numérique n'y changera rien.
Noëlle Simonot parle d'une "satisfaction globale sur l'opération très partagée chez les enseignants comme les élèves". Parmi les "leviers de satisfaction" identifiés pour les élèves, le matériel, puis les manuels numériques, la facilité d’accès et d'utilisation du matériel, l'accès Internet et l'encyclopédie. Pour les enseignants, il s'agit d'abord du manuel numérique, puis de la diversité des ressources numériques disponibles, de leur richesse, de l'adaptation au programme pédagogique, de l'ergonomie et de la facilité d'utilisation des contenus. Les "atouts" que les enseignants aimeraient voir préserver sont surtout "la richesse des ressources" et leur diversité. Ils souhaitent une amélioration sur la simplicité d'utilisation des contenus et la qualité des manuels en général. Les élèves, eux, semblent satisfaits par les cartes, les logiciels bureautique de type traitement de texte ou tableurs et désignent comme "atout" l'accès à internet. Ils souhaiteraient voir s'améliorer la simplicité d'utilisation des outils. Les parents ne se jugent pas très informés sur le dispositif, continue Noëlle Simonot. Les familles accompagnent peu les enfants sur l'utilisation des outils mais elle remarque qu'il s'agit d'adolescents en classes de 3ème. Par contre, les parents les incitent et plus de la moitié disent utiliser les contenus numériques et en avoir une image "plutôt très positive".
Répondant à une question de Jacques Foucher, directeur adjoint pour les politiques éducatives et équipement des lycées au Conseil régional d'Ile-de-France, sur l'utilisation de données issues des corps d'inspection pour cette enquête, Pierre Lacueille souligne qu'il s'agit d'une "enquête d'opinion". Selon lui, le dispositif n'a "absolument pas atteint un rythme de croisière sur les usages" puisque 25% des enseignants restent réfractaires et que la "cible" est de parvenir à atteindre "60% d'utilisateurs régulier". A ce moment, "cela aura du sens de mettre en place une étude fine" mais aujourd'hui, "la quantité d'usages reste limitée et il n'y a pas encore de généralisation des pratiques, loin s'en faut".
Pierre-Louis Ghavam, du Conseil général des Landes, retrace l’arrivée des contenus numériques dans le dispositif général d'équipement des élèves de troisième du département. L’introduction des ressources numériques a été un souhait de la collectivité lorsqu’elle prit conscience, en 2001, qu’il en existait si peu du niveau collège. Pour remédier, le département débloque alors 610.000 € (4 M FF) consacrés à la réalisation des premiers manuels numériques qui sot réalisés en quatre mois par sept éditeurs et livrés en janvier 2002. A l'époque, "les enseignants regrettent l'absence d'interactivité et ne voient pas l'intérêt d'avoir un manuel papier converti en format numérique", remarque Pierre-Louis Ghavam, "surtout que l'écran ne facilite pas la lecture". Le département débloque, en plus des 610.000 € consacrés à la réalisation de ces premiers manuels, une ligne de 800.000 € pour l'achat de logiciels et de ressources numériques, soit 183 € par utilisateur. Deux ans plus tard, "très peu d'argent a été dépensé" par les collèges : 210.000 € en juin 2004, soit 26% en moyenne de la somme allouée. Un collège "n'y a pas touché", 5 ont utilisé 10% des crédits, 8 ont dépensé entre 10% et 20% de la somme… L’une des raisons est, selon Pierre-Louis Ghavam, qu'il n'existe pas de spécimen des produits présentés par les éditeurs, "peu de démonstrations accessibles" et "pas assez d'information sur l'offre", ce qui rend difficile le choix des enseignants. En outre, les manuels connus présentent des "erreurs de jeunesse" qui tardent à être corrigées et sont souvent vus comme "trop chers" ou avec un "modèle de vente qui n'est pas clair".
Les collèges attendent des ressources "off-line" pour les élèves car on ne peut pas demander aux parents de posséder une connexion à des fins pédagogiques dans un modèle français où la gratuité de l’école est encore de mise, sur Internet ou non les ressources de l'établissement, "davantage de souplesse sur le modèle commercial avec un prix par classe ou par établissement et pas seulement par élève", liste Pierre-Louis Ghavam. Autre souhait formulé, avoir des manuels numériques "qui évoluent vraiment d'une année sur l'autre". Les établissements aimeraient aussi pouvoir acheter le produit, "quitte à l'amortir sur 10 ans", plutôt que de le louer. Pierre Lacueille parle de "problèmes d'ergonomie à régler" et annonce la décision prise en septembre 2004 d'abonner les 34 collèges des Landes aux services de France 5 et de l'INA ainsi qu’aux animations pédagogiques interactives d’Edumedia
OPERATION "ORDINA 13", DEPARTEMENT DES BOUCHES-DU-RHÔNE
Denis Fortier, chef de projet en charge des usages et des contenus d’Ordina 13 (Conseil général des Bouches-du-Rhône), témoigne sur la rentrée Ordina13, qui se traduit par la distribution de 62.000 PC portables pour les classes de 4ème et de 3ème (enseignants et collégiens). Ce dispositif d'équipement coïncide avec la généralisation de l'accès haut-débit dans les établissements. Ordina 13 est relayé au sein des établissements publics par 164 ATI (Accompagnateur Technique Informatique),. « dont le rôle, particulièrement important, constitue l’un des facteurs clefs de l’opération ». Le projet est « complémentaire avec l'opération un PC fixe pour cinq élèves'". L’opération comprend également le câblage en courant fort et courant faible, l’installation de bornes wi-fi dans les classes des établissements publics ainsi qu’une connexion RTC gratuite de dix heures par mois et par utilisateur, depuis le domicile. Sur la base de l’expérience et des acquis d’Ordina 13, le Président du Conseil général des Bouches-du-Rhône lancera en novembre 2004 un grand débat sur le collège numérique faisant appel à l’ensemble de la communauté éducative. Denis Fortier précise qu’ « un premier bilan des usages sera mené par le rectorat au long de l’année scolaire 2004/2005, l’année scolaire passée, année du lancement de l’opération ne pouvant être considérée comme significative du point de vue des usages. » Par ailleurs, les premiers résultats montrent un taux de vol inférieur à 1% sur les 32 500 machines distribuées lors de la première phase ainsi qu’un taux de récupération des machines de 99%.
Les collèges sont "totalement libres de leur choix en matière de contenus multimédias" rappelle Denis Fortier, « assurant ainsi l’indépendance totale de l’équipe pédagogique de chaque collège en matière d’acquisition des ressources. » Les collèges du département des Bouches-du-Rhône bénéficient en 2004 d'une subvention de 15 € par utilisateur et par an pour les classes de 4ème destinée à l'achat de contenus numériques à vocation pédagogique, soit un montant total d’environ 500.000 €. Une dotation supplémentaire de l'ordre de 250.000 € et destinée aux classes de 3ème est à l ‘étude pour la fin de l'année 2004. Courant septembre, environ 150.000 € ont été engagés ou dépensés en contenus multimédia pour les classes de 4ème avec une prédominance en Mathématiques, SVT et Langues vivantes. Selon les premiers éléments en provenance des collèges, à affiner dans les prochaines semaines, logiciels pédagogiques, soutien, ressources documentaires et encyclopédies / dictionnaires se partagent de façon relativement homogène les commandes passées par les collèges. Par ailleurs, Denis Fortier insiste sur le besoin d’informations auprès des utilisateurs (enseignants, collégiens), informations liées « à la mise en œuvre et à l’utilisation de solutions dont la navigation est encore trop souvent complexe, voire inadaptée dans le cadre d’un usage de type collectif. » Les difficultés d’installation sur les PC constituent également un point critique. Enfin, la demande existe également concernant le fait de pouvoir "associer des ressources numériques « granulaires » et de les mutualiser entre enseignants."