Compte-rendu des interventions du séminaire " Numérique et manuels scolaires & universitaires "
Abbaye de Fontevraud - 29 et 30 septembre 2004

Introduction : Des projets toujours plus nombreux
1) Un peu d'histoire…
2) Complémentarité et approche disciplinaire
3) Une situation bien différente dans le supérieur
4) Des systèmes alternatifs à l'édition privée
5) Vers un modèle économique du numérique éducatif
6) Susciter l'intérêt des collectivités
7) Démonstrations de produits
8) Premiers retours d'usages
Conclusion : "séduire", "discuter" ou "imposer" ?

Octobre 2004

3) Une situation bien différente dans le supérieur

Les problématiques de production et diffusion dans le secteur universitaire interrogent "la pertinence même de la notion de manuel", estime Marc Minon, de l'université de Liège. Il existe une "grande réticence à l'utilisation de corpus standardisés et un attachement fort au contenus personnalisés". A l'université, "la réticence vis-à-vis de la prescription d'achat est bien réelle", insiste-t-il. Les enseignants "ne veulent pas se voir imposer des acquisitions d'ouvrages". La situation en France est très différente de celle des pays anglo-saxons "où les professeurs utilisent fréquemment des manuels pour leur cours, qu'ils "illustrent via des questions-réponses" avec les étudiants.

Marc Minon constate également "des divergences extrêmement fortes en termes de structuration de l'offre avec un secteur de l'édition scolaire très concentré, plutôt dominé par un groupe et plutôt orienté sur une offre nationale, et un secteur universitaire atomisé". Plus de 300 maisons d'édition de tailles petites et moyennes affirment leur présence au niveau universitaire, dans un contexte de concurrence internationale forte pour le support papier comme pour le numérique. Le paysage général montre "une offre très abondante de contenus anglo-saxons et une offre émergente de langue française". Marc Minon évoque aussi le "rapport de force entre les partisans du tout gratuit et de la ré-appropriation par les enseignants du travail éditorial et ceux qui pensent que l'offre éditoriale devrait être mieux organisée du côté du secteur privé". Pour lui, le camp du tout gratuit est moins organisé au niveau scolaire qu'universitaire. "Faire émerger des manuels ou des ouvrages peut paraître difficile dans le domaine du scolaire" mais c'est "quasiment impossible" dans le domaine universitaire "sans une intervention publique forte et motivée".

Aujourd'hui, Marc Minon pointe "une situation relativement paradoxale" : le domaine universitaire "a tout pour être un terrain d'expérimentation mais est en retard, à la traîne". Il plaide pour des projets "pragmatiques", qui ne se donnent pas l'ambition d'associer "tous les étudiants de toutes disciplines" mais qui adoptent "des approches ciblées et fondées sur l'analyse des pratiques".