Compte-rendu des interventions du séminaire " Numérique et manuels scolaires & universitaires "
Abbaye de Fontevraud - 29 et 30 septembre 2004

Introduction : Des projets toujours plus nombreux
1) Un peu d'histoire…
2) Complémentarité et approche disciplinaire
3) Une situation bien différente dans le supérieur
4) Des systèmes alternatifs à l'édition privée
5) Vers un modèle économique du numérique éducatif
6) Susciter l'intérêt des collectivités
7) Démonstrations de produits
8) Premiers retours d'usages
Conclusion : "séduire", "discuter" ou "imposer" ?

Octobre 2004

5) Vers un modèle économique du numérique éducatif "

Le numérique oblige à trouver un modèle équitable à construire face au système de licences à payer", soutient Jean-Michel Salaün. Il se dit "persuadé qu'il y aura une renégociation des transactions à venir sur les contenus", ce à quoi Pierre-Louis Ghavam répond qu'il "n'a pas eu réellement pour l'instant à négocier car les éditeurs cherchent toujours un modèle économique".

Le problème est aussi de "réussir à trouver un mode de calcul des tarifs" des contenus numériques éducatifs, soutient Jean-Michel Salaün. Le ministère a déjà tenu son rôle dans le cadre de l'ENS (Espace Numérique des Savoirs, http://www.educnet.education.fr/res/ens.htm) pour des accords d'achat sur des bases tarifaires qui n'existaient pas vraiment", répond Benoît Sillard. La situation a "beaucoup évolué depuis l'année dernière avec la mise en place du CNS et du KNE" et les "prémisses" d'un nouveau modèle économique fondé sur "une logique de services" se dessinent. Les négociations menées ont permis "rapidement de diviser le prix par dix, parfois plus", poursuit-il. "Sur ces bases", notamment à l'occasion d'Ordina13, sont apparues les premières offres. "Nous voyons aujourd'hui que nous ne sommes peut-être pas encore arrivés au bon modèle car, ramenées à l'élève ou aux capacités de chaque établissement, les offres continuent de faire des sommes conséquentes", constate le sous-directeur de la DT. Une solution pourrait venir de "l'effet d'échelle" avec la multiplication des initiatives comme celle des Bouches-du-Rhône. Il envisage "d'ici la fin de l'année" de parvenir "peut-être pas au modèle définitif mais à quelque chose qui s'en rapprochera".

Jean-Michel Salaün parle de "situations de rentes de la part de certains éditeurs scolaires dans le domaine du papier. Ainsi la négociation pour els licences pourrait conduire à une situation plus équitable, plus en conformité avec l’intérêt général". Cette opinion suscite la désapprobation des éditeurs présents au séminaire, notamment de Thierry de Vulpillières, directeur du projet "cartable électronique" pour Bordas et pour Nathan, qui réfute l'idée de "bénéfices considérables que feraient les éditeurs" au motif que "ces marchés n'existent pas" et ne suscitent pour l'instant que des "investissements à perte". Avec des "business models émergents", intervient Marie Gaillard, délégué général du KNE, "tout est encore très expérimental". Lors d'une autre table-ronde, elle revient sur cette question : "l'édition de manuels numériques n'est pas encore mature. Il faut avancer avec prudence et tester les produits avec les enseignants car personne ne sait encore quel seront les usages de demain. Chaque professeur reste maître dans sa classe et fait ce qu'il veut des ressources."