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Octobre 2004 |
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7) Ateliers
Le séminaire de Fontevraud laissait la place aux éditeurs pour des démonstrations de leurs produits en ateliers thématiques. Les participants ont ainsi pu voir des solutions multimédia destinées à l'enseignement des langues, à l'enseignement technique, à l'enseignement secondaire général et à l'enseignement supérieur.
LANGUES
Les éditeurs de langue constatent avec l'apparition du numérique une navigation plus aisée entre les supports, indique Frank Lermercier, de chez Didier, lors de la présentation de son manuel "New Live". La possibilité pour les élèves de s'auto-évaluer et d'accéder aux ressources depuis chez eux modifie les usages des enseignants, argumente-t-il. Cela influence les éditeurs dans leurs recherches et développements, pousse à la réflexion sur les supports envisageables (vidéo-projecteur, tableau interactif, ordinateur, tablet PC…), sur les modes de commercialisation. Les éditions Didier ont choisi de proposer leur produit sur CD-Rom et en ligne afin de répondre aux différences d'équipement des établissements. Lors d'une expérimentation menée dans les Landes en 2001, les enseignants avaient souhaité un outil personnalisable au niveau des usages pédagogiques possibles plutôt que sur les ressources disponibles. Le manuel "New Live" ne contient donc pas d'outil de personnalisation : seul le parcours pédagogique de l'élève peut être conservé en mémoire. L'outil se veut facile à utiliser en vidéo-projection avec un magnétophone numérique avec des fonctions de zoom sur les images, de mise en parallèle des pages via un système d'hyperliens, de multi-fenêtrage pré-configuré, ainsi qu'un masquage ajustable si l'enseignant ne souhaite pas montrer immédiatement aux élèves une partie de l'écran.
Pour sa présentation de l' "outil personnalisable interactif" en anglais, Dominique Jenner, de chez Hachette Education, insiste sur les fortes imbrications de la masse de ressources proposées dans son produit et les "liens très forts" entretenus avec le manuel papier, la "cassette classe", ou les "work books". Il s'agit d'un "outil de lecture de ces contenus puisque l'enseignant les récupère pour les ordonner, les modifier et gagner "de la souplesse" par rapport au manuel papier. Il peut "naviguer dans les contenus" et lancer un document audio, vidéo, une image, avec, pour chaque fichier audio, une transcription écrite. L'outil de Hachette "permet de concentrer l'attention sur certains documents" en agrandissant l'image projetée, souligne Dominique Jenner. Le produit est disponible en ligne uniquement mais l'éditeur réfléchit à placer une partie des ressources sur le serveur de l'établissement client, indique-t-elle.
Pour Pierre Lacueille, IA-IPR de sciences physiques et conseiller TICE du recteur de l’académie de Bordeaux, ces produits donnent "l'impression de rester sur une logique de format A4 transposée sur ordinateur", or la perception diminue de 20 à 30% dans le passage de la feuille à l'écran. Selon Dominique Jenner, le séquençage "perturbe trop le discours pédagogique" et "le plus simple", pour obtenir une vision d'ensemble du contenu, reste le modèle de la double page, "difficile à transposer à l'écran". Très peu d'enseignants utilisent le tableau blanc interactif mais le vidéo-projecteur s'est bien répandu, se réjouit Pierre Lacueille. Il se dit "optimiste" et espère parvenir "rapidement à passer la barre des 60% d'usagers".
TECHNIQUE
Brigitte Redon, de la société Jériko, présentait avec Patrick Gambache, de chez Delagrave, un projet développé en commun pour les classes de technologie de 4ème . Le produit propose des ressources accessibles par Internet à partir d'un organigramme pédagogique : animations 3D sous format mpg, annexes techniques avec dessins et textes explicatifs, lexique de 250 mots spécifiques, documents en pdf… Il met à disposition un forum, modéré par l'enseignant, un espace de partage des ressources, modéré également, un système de correspondance entre l'élève et l'enseignant, un outil basique de réalisation d'un site web. L'utilisateur peut également exporter ses données sur CD-Rom, déterminer un calendrier pour la conduite du projet pédagogique, disposer d'un agenda partagé. La plupart des ressources se téléchargent et peuvent être imprimées.
Peter Burch, de ScienceActive, exposait les principes du manuel Active.Tech, développé avec Delagrave. Le produit est installé directement sur le poste, l’installation ainsi que les mises à jour, se font en ligne. Par contre, la consultation du produit se fait hors ligne. La solution est développée à partir de "Mathcad", un logiciel de calcul formel utilisé par des ingénieurs ou des bureaux d'étude et qui permet de combiner du calcul, du texte et des animations, indique Peter Burch. Les pages de cours sont illustrées de schémas et d'animation. L'élève peut rédiger lui-même les exercices sur une feuille de calcul et les solutions apparaissent sous forme de pop-up. L'enseignant peut insérer un powerpoint, l'élève peut ajouter ses propres annotations. Le produit s'adresse aux élèves de terminales professionnelles, de terminales STI mais les classes prépa en sont "la cible principale". Sur le même principe que Active.Tech, la société ScienceActive développe actuellement un manuel de cryptographie, en langue anglaise, en partenariat avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology).
SECONDAIRE GENERAL
Suite à la présentation du multimanuel d’histoire-géographie de 3ème, Isabelle Louviot, des éditions Hatier, insiste sur la réflexion menée avec les auteurs de manuels scolaires, et les enseignants qui ont testé l’an dernier un prototype du multimanuel dans dix collèges. Le multimanuel propose un ensemble de ressources multimédia ( vidéos, animations, sons, textes, cartes et exercices interactifs, …) couvrant le programme d’une année scolaire exploitables en classe, grâce à la palette graphique, et un outil, le bureau, qui permet de créer sa séquence pédagogique. Le bureau "correspondait à une véritable attente" même si les enseignants l'utilisent peu encore, indique Isabelle Louviot. Le bureau permet de constituer une suite de séquences pédagogiques en sélectionnant des documents, poser des questions, choisir un titre, des légendes. Le contexte d’utilisation dominant pour l’histoire et géographie est celui de la classe, avec un vidéo-projecteur. Diffusé en ligne via la KNE, il existe une version allégée du multimanuel sur CD-Rom. Isabelle Louviot souligne l'attente forte exprimée sur la "complémentarité l'outil numérique et le manuel papier".
Thierry de Vulpillières, de Nathan, présentait les manuels de mathématiques, histoire-géographie, éducation civique et Marc Bousquet présentait les manuels de sciences de la vie et de la terre des éditions Bordas.. Pour Thierry de Vulpillières, "il n'existe pas d'opposition entre les différents supports possibles du manuel" et le numérique apporte une réelle valeur ajoutée grâce au principe de "combinaison, d'association pédagogique". "On fait le pari de l'interface", reprend Thibault de Rochegonde, de Nathan. "Le manuel est un tout dans lequel on doit naviguer au mieux", c'est ce qui a motivé des recherches sur l'ergonomie avec les universités Paris VI et Paris VIII. Pour faciliter l'utilisation de l'outil, cela peut passer par l'organisation des ressources en chapitres, l'usage de liens hypertextes, des fonctions d'affichage pour les comparaisons de documents, la mise à disposition d'un "classeur" pour retenir les documents et en importer d'autres. Nathan et Bordas travaillent aujourd'hui sur les parcours pédagogiques et l'aide à l'évaluation, poursuit Thierry de Vulpillières. Cet axe de recherche, en collaboration avec Paris VI, porte par exemple sur un éditeur de méta-données qui permettrait à l'enseignant de qualifier les nouvelles ressources afin de les intégrer dans le "classeur" de son manuel. Les manuels présentés s'adressent plus à l'enseignant qu'à l'élève alors qu'il est censé se trouver placé au centre du système, s'étonne Pierre-Louis Ghavam en échos aux propos de Dominique Borne. En histoire-géographie, répond Isabelle Louviot, il existe une "logique de travail collectif en classe très forte", alors qu’en anglais, le travail autonome des élèves sera favorisé grâce au multimanuel. L’approche des éditeurs, très pragmatique, s’adapte aux usages différents selon les matières. Pour Thierry de Vulpillières, le manuel numérique a fait ses preuves : il motive élèves et enseignants, permet à des élèves décrocheurs de revenir dans le système scolaire.
SUPERIEUR
Le manuel de droit présenté par Jennifer Dahan-Templier, de Droit-in-situ, part d'une constatation, celle de l'"absence d'exploitation orale de la connaissance", à distinguer de la "valorisation des sources de nature écrite". Son produit s'intéresse donc particulièrement à la dimension orale du transfert des connaissances, via des cours ou des conférences, perçue comme une "valorisation du discours de formation". La méthode proposée par Jennifer Dahan-Templier commence par la constitution d'une table des matières du discours pour associer des données de lois, de jurisprudence, des chronologies ou encore des cartes et organiser les ressources soit de manière linéaire soit par catégories.
Le manuel de médecine de Patrick Dhont, de l'Institut d'aide à la pratique médicale, concerne la formation professionnelle des médecins. Un test effectué auprès de médecins montre que 20% des CD-Rom envoyés ont été utilisés - 7 minutes sur trois mois en moyenne -, que les sites Internet ont été consultés par 30% seulement des médecins et que les livres papier ne sont pas non plus un support adapté. Son livre médical numérique apporte, selon lui, une solution. Basé sur les logiciels Acrobat Reader et QuickTime 5, il est riche en photos, avec légendes et commentaires, tests pratiques, cas cliniques, séquences vidéo, documents sonores. Un livre de dermatologie nécessite 17 jours de conception "avec des moyens simples et peu coûteux", soit un investissement au final de 35.000 €, indique Patrick Dhont. Il travaille avec l'industrie pharmaceutique, qui apporte des financements pour ses projets.