
La prise en compte des risques naturels entre dans le cadre de l'aménagement durable des territoires et de la gestion des risques. L'émergence des politiques publiques intégrant le développement durable comme matrice a débouché sur une multiplication durant les années 1980-1990 des études sur les risques naturels susceptibles de toucher le territoire français. Les moyens dont dispose l'État relèvent aujourd'hui des plans de prévention des risques naturels et technologiques (PPR), de l'élaboration du dossier départemental des risques majeurs (DDRM), des dossiers communaux synthétiques (DCS). Les Antilles sont classées en zone III de sismicité maximale du zonage français (décret du 14 mai 1991) avec plus de 400 séismes enregistrés chaque année.
Le risque cyclonique n'a pas été pris en compte, volontairement, dans ce projet pédagogique de manière à permettre une meilleure articulation avec le programme de sciences de la vie et de la Terre qui ne porte que sur les séismes et le volcanisme..
L'étude de la Martinique s'inscrit dans la partie II.2 l'aménagement du territoire et II.3 les grands ensembles régionaux du programme de géographie de la classe de quatrième.
| Programme et commentaires Quels savoirs développer ? |
Problématiques du développement durable |
|---|---|
| On met en évidence, à partir de cartes des déséquilibres régionaux. | Rappeler les particularités des espaces des départements d'outre-mer et les principaux déséquilibres économiques et sociaux entre la métropole et les DOM. Observation des déséquilibres infrarégionaux. |
| En excluant toute étude exhaustive des régions, il s'agit d'étudier les traits spécifiques principaux. | Les DOM sont des espaces éloignés de la métropole, aux dynamiques propres. Étude de paysages spécifiques à protéger : création du parc régional de Martinique en 1976. Contraintes et risques : des risques naturels nombreux et variés ; une population en augmentation engendrant une urbanisation rapide et parfois anarchique. |
Le projet pédagogique présenté ci-dessous ne suggère pas une mise en œuvre détaillée en classe, qui incombera au professeur désireux de travailler cet exemple, en tenant compte de ses propres choix et du profil de la classe. Il souhaite seulement proposer une réflexion générale sur le sujet, d'un point de vue du développement durable ainsi que deux suggestions de parcours pédagogiques.
Les pistes de mise en oeuvre sont présentées sous deux formes distinctes et complémentaires :
L'étude des risques naturels en Martinique, en lien avec le développement durable, implique la mise en relation de deux approches :
Les parcours pédagogiques présentent des exemples d'approche de la question "La Martinique : aménagement durable, risques volcanique et sismique". Ils vont au delà d'une simple étude du risque et entendent privilégier quelques questions géographiques plus globales mais en lien avec le développement durable afin d'aborder plusieurs notions essentielles.
Cette première approche repose sur une problématique liée aux enjeux de développement d'une région ultrapériphérique soumise aux aléas des risques naturels.
Dans une première étape, on pourrait situer la Martinique dans l'espace mondial et régional pour amener les élèves à s'interroger sur les spécificités d'un DOM par rapport à la métropole. En insistant sur ces deux échelles, les élèves apprennent que la Martinique s'insère, malgré l'éloignement, à la fois dans l'espace français et européen mais également dans l'espace caraïbe. Les élèves peuvent utiliser des données variées combinant flux téléphoniques, de transports ou encore financiers. Cet éloignement relatif permet de définir un DOM et d'introduire les notions de solidarité territoriale face à un éventuel risque.
La deuxième étape doit permettre aux élèves d'appréhender la notion de risques naturels spécifiques à la Martinique en s'appuyant notamment sur l'étude la Montagne Pelée qui se définit à la fois comme un lieu de loisirs et de risque. En effet, ce volcan s'insère dans le parc régional de la Martinique, à protéger en tant que patrimoine naturel, créé en 1976 qui connaît une dense activité liée au tourisme vert. Au total 16 % du territoire martiniquais est soumis à une réglementation visant à protéger la faune et la flore.
La construction d'un schéma simple prenant en compte la solidarité territoriale et nationale, mettant en évidence les risques volcanique et sismique peut permettre d'aborder ces particularités.
Sites utiles pour réaliser un schéma :
Notions à solliciter : solidarité nationale et territoriale, insularité, flux, risque, patrimoine naturel, tourisme vert.
Ce parcours pédagogique insiste davantage sur les risques et leurs conséquences. Il suppose au préalable une localisation de la Martinique et des principaux risques naturels.
Les élèves peuvent s'intéresser à l'histoire de l'éruption de la montagne Pelée en 1902 ou du séisme de Fort-de-France de 1839, qui fit plus de 300 victimes, à l'aide de témoignages et de photographies, localiser la montagne Pelée et les régions de l'île les plus exposées. Cette approche insiste donc sur la notion de risque naturel et de mémoire du risque, elle permet la mise en place d'une problématique intégrant les enjeux du développement durable notamment liés à l'identification et à la prévention.
Ce parcours peut s'appuyer sur un dossier documentaire comprenant :
Trois volets peuvent être privilégiés :
Notions abordées : risque, patrimoine, urbanisation, aménagements, environnement, acteurs spatiaux, paysages.
Quelques sites offrent de nombreux documents exploitables avec les élèves notamment des cartes et des renseignements sur les risques majeurs dans les DOM. Ils présentent le plus souvent des cartes sur les risques présents, les formes d'alerte et les réactions appropriées.
Inspection générale de l'Éducation nationale
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 29 août 2007
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