
L'établissement constitue l'unité privilégiée de mise en œuvre de l'EEDD. La constitution des équipes pédagogiques, la mise en cohérence des temps forts par niveau et entre les différents niveaux relèvent du choix des établissements. Ainsi chaque élève peut-il espérer au cours de sa scolarité avoir effectué un parcours de formation diversifié.
De plus, l'établissement est appelé à devenir un lieu d'action, un lieu d'exercice de pratiques éco-responsables susceptibles de mobiliser solidairement la totalité des personnels autour de thèmes choisis : gestion de l'énergie, de l'eau, des déchets, relations avec l'environnement proche…A cette échelle, une véritable "démarche qualité" peut être engagée, application directe des objectifs de l'EEDD, susceptible de fédérer en un grand axe transversal la logique d'un projet d'établissement. L'autonomie pédagogique de l'établissement peut alors s'exercer sur un support concret, permettant de plus une ouverture naturelle sur l'environnement local (au sens large). Le projet d'établissement peut y trouver des éléments de sens.
L'EEDD présente un caractère transversal qui implique la contribution de différentes de disciplines. De plus, ses aspects globaux fournissent un terrain propice au développement d'actions dans lesquelles la totalité d'un établissement et des ses acteurs peuvent s'impliquer et se retrouver. Le pilotage se situe alors à ce niveau, et le chef d'établissement peut y assumer une position de pilotage compatible avec l'exercice de la marge d'autonomie pédagogique d'un EPLE.
La réorientation de l'enseignement des contenus disciplinaires concernés par l'EEDD reste bien sûr de la responsabilité des professeurs, dans leurs classes. Les documents d'accompagnement prévus pour le premier degré et le collège ainsi que les animations les y aideront.
Par contre, le choix de temps forts spécifiques nécessite une mise cohérence ainsi que le choix des disciplines pour lesquelles croiser les apports à chaque niveau. L'identification des orientations peut se faire, par exemple dans le cadre des conseils d'enseignement. Il peut alors en résulter des propositions permettant de croiser :
Il est possible de permettre aux élèves, sur la totalité de leur parcours au collège ou au lycée, d'être placés dans ces différentes situations.
La concertation entre les équipes peut trouver sa place à des moments divers, la pré-rentrée pouvant constituer un moment privilégié de " calage " et d'harmonisation des différentes options choisies. La conception des emplois du temps et la prise en compte des contraintes permettant de préserver des temps de croisement (pour les élèves), de travail en commun (entre professeurs ou face aux élèves) jouera un rôle important.
Outre l'éducation civique ou l'ECJS, l'éducation au risque ou à la santé peuvent être, au moins partiellement, reliées à la perspective d'un développement durable. Les actions peuvent alors être intégrées dans un contexte plus vaste leur donnant leur sens : lien à la vaccination, information sur le SIDA et dimension épidémiologique mondiale, contrôle de la procréation et démographie, risques industriels ou naturels et aménagement du territoire etc…Le geste individuel s'inscrit alors dans une dynamique collective.
L'inscription au projet d'établissement, la discussion de ces points en conseils d'administration doit leur donner tout leur poids. Le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté peut aussi y trouver sa place.
Les actions situées hors du temps scolaire et relevant des ateliers de culture scientifique et technique, des classes à PAC (donc d'une façon générale de " l'action culturelle "), ou celles mises en place spécifiquement (1000 défis pour ma planète, semaine du développement durable) s'y rattachent naturellement d'une façon qui doit être cohérente avec les autres dispositifs choisis.
Dans tous ces cas, le chef d'établissement par la mise au claire et l'organisation des propositions est le plus à même d'induire une cohérence et de la gérer.
L'objectif de gestion éco-responsable des établissements publics, inscrite dans la SNDD (stratégie nationale du développement durable), amènera à la totalité des équipes administratives et pédagogiques à s'investir en conscience dans des gestes concernant l'énergie, le papier, les déchets, le cadre de vie etc…et à s'adapater aux nouvelles orientations.
L'unité des acteurs de l'établissement peut trouver ici une nouvelle dimension permettant un action globale. Il faudra certainement choisir un nombre très limité de projets phares à porter collectivement chaque année (voire un seul) au risque de se disperser. S'engager dans une démarche qualité sur des objectifs clairement définis doit permettre de fonder des actions fédératrices, évaluables, renforçant la communication au sein de l'établissement et donnant un sens éducatif à un geste qui pourrait ne rester que technique.
Pour s'ancrer dans les problématiques locales, il sera nécessaire :
Les enseignants seront les maîtres d'œuvre des choix ou de la définition des actions montées en partenariat. Mais leur travail peut être facilité par des contacts pris à l'échelle de l'établissement et leur permettant d'identifier plus rapidement les ressources de proximité. La signature de conventions devrait aussi permettre de rationaliser le contacts que les professeurs seront amener à développer en définissant clairement les attendus et les fonctions de chacun.
Les personnels investis dans les actions relatives à l'EEDD appartiennent à des disciplines différentes, voire à des catégories différentes ; la globalité des projets implique une maîtrise autre que celle des contenus disciplinaires. Des savoir-faire devront être développés autour de pratiques nouvelles, démarche de projet mais aussi " démarche-qualité ".
Dans ce cadre, les formations d'équipes sur site, à la demande des établissements, constituent une modalité efficace de travail. Elles peuvent concerner des équipes d'enseignant, mais aussi de façon plus large reposer sur une base intercatégorielle.
D'autres personnes, destinées à devenir des personnes-ressources non plus dans leur seul champ disciplinaire mais bien pour leurs compétences transversales seront amenées à suivre des formations. Leur désignation et le suivi de la mutualisation de ces formations relève aussi du niveau de l'établissement.
Toutes ces pistes ne peuvent pas être développées simultanément, du moins dans un premier temps. Le choix de les mettre en œuvre afin de préserver des temps forts, plus efficaces dans la formation des élèves qu'un saupoudrage constant susceptible de ne constituer qu'un bruit de fond, relève d'une véritable programmation stratégique des établissements. Il serait utile de tester la validité des ces quelques pistes non exhaustives sur quelques EPLE, n'ayant pas a priori d'expérience spécifique en matière d'EEDD, et désireux de développer en concertation ces directions et d'en analyser le fonctionnement.
Inspection générale de l'Éducation nationale
Direction générale de l'Enseignement scolaire - Publié le 26 juin 2007
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